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Cave dite Roiche de Gilet l'Argentier

Cette cave comporte un escalier de 26 marches assez larges (de 1,80 m à 2,20 m) mais raides, couvert d'un berceau brisé ; en bas de cet escalier, un palier surmonté d'une voûte d’ogives reposant sur quatre culs de lampes datant des alentours de l’an 1300 ; entre deux demi-voûtes et un des murs, un puits (d'aération ? pour descendre et monter des marchandises ?) fermé en haut par des dalles en pierre ; sur ce palier, une étagère, une alcôve ; une porte surmontée d'une petite fenêtre, 8 marches qui descendent et mènent à une galerie taillée directement dans le calcaire de Beauce, qui a servi à extraire la pierre (non datée, mais antérieure ou légèrement antérieure). On note une bifurcation, l'existence de trois autres alcôves, et dans l'une d'elle, un puits circulaire menant sans doute vers la surface, aujourd'hui comblé. Quelques arcs maçonnés confortent les galeries. Cette cave est mentionnée dans plusieurs ouvrages sur la ville de Blois (dans Blois la forme d'une ville, d’Annie Cosperec, notamment).

L’immeuble actuel date des années 1470 -1480. Les arcs en accolade des deux portes d’entrée datent de cette époque. Cependant, il a été remanié au 19ème siècle (façade à partir du 1er étage, circulations, cheminées) et rénové dans les années 1960. Le rez-de-chaussée comprend des vestiges d’une construction antérieure, érigée probablement autour des années 1300 : deux voûtes, dont l’une est située dans l’échoppe à bière (malheureusement dénaturée par un revêtement inapproprié) et l’autre dans le bar M (ex- pub du Loch Ness). D’après les archives, cet immeuble a appartenu à Jacques de Moulins, maître de la chambre aux deniers de Marie de Clèves (1426-1487, Mère de Louis XII) de mars 1467 à septembre 1482 (*) puis de Louis II, futur roi Louis XII de France, d’octobre 1483 à juin 1496 (*). (*fourchettes minimum attestées par des documents d'archives, cf. Elizabeth Gonzalez, Un Prince en son Hôtel : Les serviteurs des ducs d'Orléans au XVe siècle, Editions de la Sorbonne, 2004). Jacques de Moulins possédait également un hôtel particulier au 1, rue des Juifs, où il habitait probablement. Auparavant, la cave et le bâtiment situé dessus dont il ne reste plus que deux voûtes, a appartenu à Gilet l’Argentier, qui en a fait don aux chanoines de Saint-Sauveur en 1315. Ceux-ci sont mentionnés dans un parchemin de 1315. Cet immeuble est appelé maison dite de la rouache de Gilet l’Argentier. A noter que le terme roiche signifiait autrefois une cave taillée dans le roc.
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Galerie d'accès avec deux arcs gothiques.
Voûte gothique
Porte sur laquelle on observe l'emplacement de gonds et "fenêtre".
Galerie creusée dans le roc et confortée d'arcs en plein cintre.