Le PLU : Densifier, oui, mais pas à n'importe quel prix !

Cette page a pour but de sensibiliser à une problématique posée par le PLU (Plan Local d'Urbanisme), approuvé par le conseil municipal le 18 novembre 2013.
Un des objectifs du PLU est d'attirer des habitants à Blois. Or, la municipalité veut résoudre le problème en autorisant des constructions beaucoup plus hautes, principalement dans les secteurs anciens proches du centre de la ville, quitte à dénaturer la ville et les quartiers.

Pourtant, le patrimoine architectural et paysager de la ville de Blois est cité à plusieurs reprises dans les différentes pièces du PLU, comme élément à prendre en compte et à valoriser. Il est également fait plusieurs fois mention de la volonté de préserver le patrimoine bâti et les identités de quartier :
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Or, cela ne se traduit pas dans la règlementation imposée aux constructions, bien au contraire.

+ Dans le règlement de la zone UO, qui correspond aux axes structurants et leurs abords, (Rue du Bourgneuf, Avenue du Maréchal Maunoury, Place de la Répiublique, Avenue de Vendôme, les pourtours du rond-point Médicis, il est stipulé :
la hauteur des bâtiments pourra être de 17m50 (et pourront être portées à 20m pour les constructions à destination de services publics ou d'intérêts collectifs).
+ Il en est de même pour la zone UC (secteurs de l'avenue de Verdun et ses abords, le faubourg ancien du Haut-Bourg, le quartier République, la rue de la Garenne, le boulevard Daniel Dupuis et leurs abords, la partie Ouest de quartier du Foix (la partie Est étant en secteur sauvegardé), la rue Augustin Thierry et ses abords, les quartiers Médicis, Poulain,...
+ Sur certains axes du quartier Vienne (zone UV) : Avenue Wilson, Quai Villebois Mareuil, Quai Amédée Constant, rue de la Chaîne dont la hauteur des bâtiments pourra être de
18m50.
- "les quartiers des faubourgs et de Vienne et plus particulièrement le centre historique, de par leur qualité patrimoniale et architecturale sont des secteurs de la commune dont l'identité et la structure devront être préservées."
(dans la note explicative du projet de PLU).


- "L'article L 121-1 du code de l'urbanisme expose que "les plans locaux d'urbanisme déterminent les conditions permettant d'assurer, dans le respect des objectifs du développement durable
[...]
1°bis : la qualité urbaine, architecturale et paysagère des entrées de ville"
(dans le PADD - Projet d'Aménagement et de Développement durables).


"Le diagnostic territorial et l'état initial de l'environnement, ont mis en avant 3 enjeux majeurs, qui sont autant de défis auxquels la commune de Blois a choisi de répondre dans le cadre de l'élaboration de son projet de territoire :
[...]La valorisation d'une ville exceptionnelle sur le plan du paysage, du patrimoine et du cadre de vie"
(dans le PADD - Projet d'Aménagement et de Développement durables).


Cela fait partie du 3e axe et semble constituer un enjeu fort :
"Axe 3 Blois, une ville paysage
Objectif : Valoriser les qualités exceptionnelles de Blois en matière de paysage, de patrimoine, de cadre de vie, afin de renforcer son attractivité
Préserver le patrimoine bâti et les identités de quartier

[...]
- Exprimer la diversité des ambiances et du patrimoine de la mosaïque urbaine (centre historique, Vienne, faubourgs, grands collectifs, lotissements de qualité, les Grouëts, Bas-Rivière, hameaux ruraux de Villiersfins et de Villejoint...)."
(dans le PADD - Projet d'Aménagement et de Développement durables).
# 1 er exemple : un quartier ancien, la rue du Bourgneuf et les rues adjacentes :

Le secteur de la rue du Bourg-neuf (zone UO) comprend des immeubles et maisons de bourg datant du 16e siècle au début du 20e siècle. Le quartier est dense. Les bâtiments sont implantés en front de rue et la plupart sont de type R+C (en général des dépendances), R+1+C (en général 5m50 à 6m à l'égout) et plus rarement R+2+C. Seuls quelques immeubles sont plus hauts (construits après 1970) et font tâche. Si on excepte ces derniers et quelques immeubles modernes où il n'y a pas eu de souci d'intégrer le bâtiment à construire à son environnement, l'harmonie d'ensemble est respecté. L'ensemble est homogène, d'une grande cohérence architecturale et volumétrique et forme une continuité avec le centre-ville (le sud de la rue) et le quartier des hautes granges en passant par le quartier de la rue Chambourdin.
Plan de Blois avec hauteurs autorisées par le PLU. Le premier nombre correspond à la hauteur limite autorisée et le second, la hauteur limitée autorisée pour des bâtiments publics ou à intérêt collectif.
Les zones en bleu sont des zones destinées à être bâties. A noter que Villejoint sera complètement encerclée par la zone industrielle.
R+C
R+1+C
R+2+C
R+3+C
R+4+C
2 à 6 m à l'égoût du toit
6 à 10 m à l'égoût du toit
10 à 17 m à l'égoût du toit
Par ailleurs, le nombre d'étages pour la hauteur donnée a été sous-évalué dans ce secteur, comme dans d'autres :

en effet, il a été mentionné la hauteur : "17m50 (à titre indicatif R+3+C ou R+4"), alors que 17m50 correspond à un R+4+C ou à un R+5 (2m50 de hauteur d'étage, 30cm de plancher, y compris avec le rez-de-chaussée de 3m20 de la zone UO).

* R+4+C correspond à un immeuble avec un rez-de-chaussée + 4 niveaux + un comble (aménagé ou non).
* R+5 correspond à un immeuble avec un rez-de-chaussée + 5 niveaux (le toit étant un toit-terrasse, accessible ou non)

Comme il est noté "à titre indicatif, rien n'empêche un promoteur de réaliser un immeuble R+6, pourvu que le bâtiment ne dépasse pas 17m50.

Il y a aussi cette sous-évaluation dans d'autres secteurs : 15m50 (à titre indicatif R+2+C ou R+3) qui correspondent en fait à un R+3+C ou à un R+4 !

Démonstration :
Zone UC
Zone UO





Zone UMa


Zone UM
Zone URl
Zone 1AUm





Zone UG
Zone UH
Zone UP
Zone 1AUp


Zone URg


Zone UV





Zone UVp
A titre d'exemple, l'immeuble ci-dessous mesure 18 m 50 de hauteur (soit 1m de plus que la hauteur autorisée en zone UO ou UC, comme l'Avenue de Verdun, AvenuE du Maréchal Maunoury, rue du Bourgneuf, rue de la Paix, rue de la Garenne, Quartier du Foix, Quartier Médicis, ou exactement la hauteur autorisée Avenue Wilson, Quai Amédée Contant, quai Villebois-Mareuil et rue de la Chaîne en Vienne).
Celui-ci comporte 7 niveaux, soit 2 niveaux de plus que le nombre de niveau donné à titre indicatif par le PLU (grâce à des hauteurs sous plafond peu élevés) ! Par ailleurs, il montre la non-intégration de ce type de volume dans un quartier ancien, à cause de sa hauteur disproportionnée, or,
c'est cet ordre de grandeur que le PLU autorise dans les quartiers anciens de Blois.
17,5m






17,5m


14,5m






11 m





20,5m


15,5m

18,5m




12 m
Quartiers anciens et axes structurants : Maunoury, Haut-Bourg, Medicis, Verdun, Cornillettes, Bourneuf, écoles, quartier administratif, Vendôme, Médicis, Foix, Garenne, Poulain,...


Grands ensembles quartiers Nord,


Lotissements Est, Cimetière, rue de la Mare, Nord des voies ferrées quartier Est, Quinière, Cabochon, Albert 1er,... ; zones à urbaniser de Villejoint, de Pigelée/les grandes maisons, Allée de Coulanges.


Chambourdin, Hautes-Granges, Villejoint et Villiersfin quartiers pavillonnaires Nord et Ouest, Grouets, zones à urbaniser Villejoint et Villiersfins,...


Secteur projet Gare


Vienne centre

A. Wilson, quais Villebois-Mareuil et A. Contant, rue de la Chaîne.


Vienne périphérie, Bas Rivière
p.31
p.101





p.88


p.88
p.128
p.161





p.61
p.74
p.114
p.161


p.128


p.145
20m






20m.


18m
(19m pour la zone URl)




13,50m





22,50m


18,50m






14,50
R+3+C ou R+4






R+3+C ou R+4


R+2+C R+3






R+1+C R+2





R+4+C R+5


R+2+C R+3

R+3+C R+4




R+1+C R+2
3,20






-


-






-





-


3,20

3,20




-
R+4+C ou R+5
(6 niveaux)





R+4+C ou R+5
(6 niveaux)

R+3+C R+4
(5 niveaux)





R+2+C R+3
(4 niveaux)




R+5+C R+6
(7 niveaux)

R+3+C R+4
(5 niveaux)
R+4+C R+5
(6 niveaux)



R+2+C R+3
(4 niveaux)
Zone
Hauteur autorisée
Secteurs (donnés à titre indicatifs et non exhaustifs)
Page du règlement du PLU
Hauteur pour des bâtiments publics
Nombre d'étages donné à titre indicatif par le PLU
Hauteur de rez de chaussée minimum
Nombre d'étages réel
+ Hauteur des niveaux :
Pour l'habitat,
en général la hauteur des pièces mesure 2m45 - 2m50, (standard) mais la hauteur minimum dans les pièces à vivre doit être de 2 m 20 (code de la construction et de l'habitation), cependant, le promoteur n'a pas intérêt à créer des pièces trop bas de plafond (pas moins de 2 m 40), sous peine de ne pas arriver à vendre ou à louer ses biens.

+ Epaisseur des planchers :
Planchers de
16 à 30 cm selon les techniques utilisées (ossature bois, dalle sur bac acier, poutrelles+entrevoux, dalles alvéolaires, etc) et les portées requises.

+ Hauteur du toit terrasse :
De nombreux principes permettent de réaliser des toitures terrasses d'une quarantaine de centimètre d'épaisseur, isolation comprise :
- Plancher + isolation : plancher 16 cm maçonné + 20cm d'isolant + 2cm d'étanchéité + 1cm de placage intérieur (BA13) = 39 cm
- 30 cm d'isolant (laine de roche, chanvre) entre solive bois + 8cm placage intérieur (2x2), extérieur, lame d'air extérieur (2), pare-vapeur intérieur, étanchéité extérieure (2) = 38 cm
- plancher poutrelles + hourdis polystyrène (13 + 4) + isolation (18) + étanchéité (2) + pare vapeur intérieur + Plâtre BA 13 (1) = 38cm
Il faut ensuite ajouter la hauteur des acrotères qui auront une hauteur de 16 cm minimum (15 cm minimum relevé d'étanchéité, selon le DTU en vigueur + protection métallique)
soit une épaisseur de toit-terrasse de
54 cm minimum.

On obtient donc 3,20m (rez-de-chaussée surélevé) + 5x2,50m (hauteur des étages) + 5x20 cm (épaisseur des planchers) + 54 cm (toit-terrasse) = 17,24 m, soit bien un niveau de plus que l'indication donnée dans le PLU.
Place Guerry. 18,50m de hauteur. Le PLU va autoriser la construction d'immeubles de cette hauteur, à un mètre près, dans les quartiers anciens de Blois !
On pourrait plaider la bonne fois, car une erreur est toujours possible, y compris dans un document aussi important qu'un PLU ; cependant, j'ai mentionné cela dans l'enquête publique, avec le schéma ci-dessus à l'appuis, et, bizarrement, cela n'a pas été corrigé. Pourquoi ? Est-ce dans le but de faire moins peur aux Blésois, les gens n'ayant pas toujours une bonne notion des hauteurs ?
Concernant les toits, il faut savoir, que, d'une manière générale, de la route, on ne voit pas le toit ou pas la totalité. Ainsi, c'est la hauteur à l'égout du toit qui est d'abord perçu, et non le faîtage. Un R+5 sera donc perçu comme trois fois plus grand qu’un R+1+C. L’utilisation de prospect peut remédier à cela.

Si vraiment la ville souhaite autoriser à construire à 17m50, afin de moins impacter les rues, cela pourrait éventuellement se faire à l'intérieur de certaines parcelles tout en gardant l’existant le long des rues, ce qui permettrait de conserver la typologie des quartiers, former un écran et que ce type de construction n’impacte pas aussi fortement les quartiers.

A noter, également d'autres points du PLU soumis à problématique

Le
square Pasteur : dans le document "Orientations d'Aménagement et de Programmation", la parcelle qui correspond à l'actuel square Pasteur est à urbaniser en partie. Cela est dommage. Au contraire, il aurait été bien de conserver cette trame verte, comme stipulée dans le PLU.
"Axe 3 Blois, une ville paysage
Objectif : Valoriser les qualités exceptionnelles de Blois en matière de paysage, de patrimoine, de cadre de vie, afin de renforcer son attractivité
Valoriser le patrimoine paysager et naturel de Blois, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO
[...]
- Préserver et valoriser les espaces de nature en ville (parcs et jardins, alignements d'arbres,...) et prévoir des continuités vertes dans le cadre de la restructuration urbaine de certains quartiers (Gare, Laplace)."

Le
hameau de Villejoint déjà bien cerné par la zone industrielle, va être entourée à 360°, car les deux grandes parcelles, au Nord, sont en zone UE (zone économique). Il est également à noter de nombreux emplacements, sous forme de franges, soumis à urbanisation.
Les habitants avaient demandé à ce qu'on conserve les espaces tampons entre le hameau et la zone industrielle. On a dit qu'on leur accorderait. Dans le PLU, cela se traduit par une bande végétale de 10 à 12 mètres de large au Nord-Est ! Ce qui est... ridicule. Au Sud et à l'Ouest, il n'y en a pas. Au Nord-Ouest, elle mesurera entre 70 m et 100 m, ce qui est raisonnable, sauf qu'actuellement ce sont des champs !
Dans le diagnostic du PLU, il est mentionné que le hameau de Villejoint subit une perte d'attractivité. Mais pensent-ils la compenser en dénaturant encore plus le hameau ?
# Solutions alternatives proposées pour densifier sans dénaturer l'âme des quartiers :

Afin de conserver l'identité et la qualité de ces quartiers, comme c'est, dit-on, la volonté, il serait plus que souhaitable de conserver des hauteurs équivalentes à l'existant, ou légèrement supérieure, puisque la ville de Blois cherche à densifier (ce qui est compréhensible et louable), ce qui permettrait de densifier sans dénaturer ces espaces avec des autorisations de bâtir des immeubles 2x plus haut que les immeubles qui forment la structure de ces quartiers (et de Blois).

Par ailleurs, la densification d'un quartier peut se faire en densifiant la parcelle, au lieu de seulement superposer les étages. C'est ce qu'il s'est passé dans ces quartiers et dans tous les quartiers de Blois, (immeubles de faubourgs peu haut, mais parcelle parfois très dense ; ex: le Bourg Neuf, qui est beaucoup plus dense que la majorité des résidences construites actuellement).
De plus, une hauteur moins importante peut permettre de construire deux bâtiments sur une parcelle (celles de l'Avenue du Maréchal Maunoury sont profondes - parcelles dites en lanières - et de surcroit peu bâties), et donc d'avoir autant de surface habitable, voire plus, sans pour autant dénaturer le caractère du quartier.
Cette règlementation ne prend en aucun cas compte de l'existant, contrairement à ce qui est annoncé. Elle n'a aucun rapport avec le bâti traditionnel de Blois. Elle va à l'encontre du bâti formant la structure de ces quartiers, celui-ci étant de type R+1 voire R+2.

Certes, cela ne signifie pas que des bâtiments de telle ou telle hauteur va forcement être construit à tel ou tel endroit, mais cela signifie qu'on en donne l'autorisation.

Cette nouvelle autorisation va automatiquement impacter le paysage de ces quartiers. Il y a donc un grand écart entre la volonté et la règlementation que l'on met en place

Tout cela a été mentionné dans l'enquête publique, mais aucun des éléments n'a été pris en compte par la municipalité.
La seule réponse que j'ai eu, de manière orale, par le maire, et que pour que Blois regagne des habitants, il fallait bien inciter les promoteurs à réaliser des opérations immobilières ! (oui, mais à n'importe quel prix ?)

Le problème n'est pas uniquement le problème de densification, car la ville de Blois a un taux de logement vacants qui augmente chaque année (principalement dans le centre-ville, où le taux s'élève à 23%). La densification peut et doit se faire de manière raisonnée, car l'attractivité d'une ville se fait aussi par le cadre de vie qu'elle offre. Or, Blois offre un cadre de vie de grande qualité (même s'il n'est pas toujours valorisé), et à vouloir densifier à tout prix, sans prendre en compte l'existant, on le détruit, on supprime ses atouts qui sont susceptibles de séduire et d'attirer du monde.
Rue du Bourgneuf
Rue Franciade
Avenue de Vendôme, arrivée rue du Bourgneuf
Rue Franciade et rue des Ecoles
Rue du Bourneuf : immeuble ne s'intégrant pas par son esthétique.
Rue Franciade / rue Lavoisier : immeuble ne s'intégrant pas par sa volumétrie et sa hauteur. R+3+C. Pourtant, avec le PLU, on pourra construire un étage de plus.
Rue du Bourneuf : immeuble ne s'intégrant pas par sa hauteur.
Cependant, son retrait diminue cet effet. Le PLU autorise ce type de construction dans tout le quartier (on pourra même remplacer l'étage du toit par un étage "normal", et sans obligation de prospect (recul) pour les bâtiments d'une certaine hauteur, dans le but d'atténuer cette différence
Rue de la Garenne : un ensemble disproportionné qui domine un ensemble de bâti ancien.
Hauteur des façades des bâtiments de la rue du Bourgneuf.
Nombre d'étages des bâtiments.
On constate que la plupart des bâtiments sont de type R+1+C. Il existe beaucoup de bâtiments de type R+C et R+2+C.
Dans les immeubles relevés, il n'existe que deux bâtiments de type R+3+C et un seul de type R+4+C, or, on autorisera de construire à R+4+C ou R+5 alors qu'on affirme vouloir préserver la typologie de ces quartiers !
# 2 eme exemple : l'avenue du Maréchal Maunoury

L'avenue du Maréchal Maunoury, s'est principalement urbanisée au 19e siècle et au début du 20eme siècle et
ne possède pas un front bâti continu comme la rue du Bourneuf. Celle-ci est composée de petites maisons de bourg et d'un lotissement du début du XXème siècle (mentionné dans le PLU comme élément notable). L'ensemble est ponctué par des monuments de grandes dimensions, comme le haras, la caserne, le centre administratif (ancien asile d'aliénés).
L'ensemble est plutôt
harmonieux, le bâti assez bas, ce qui est une spécifité de la région et cela devrait être mis en valeur. Cet axe possède des alignements d'arbres (dont certaines parties ont été supprimées).

En arrivant sur la Place de la République, l'ensemble se densifie, mais sans monter beaucoup en hauteur. Les bâtiments suivant y sont situés : préfecture, palais de Justice, Halle aux Grains, bibliothèque de l'Abbé Grégoire.

Quelques immeubles construits lorsque les réglementations n'existaient pas dépassent et font tâche, mais la
qualité est présente pour une entrée de ville, il s'agit d'une des plus belles entrées de villes de Blois il serait dommageable de gâcher cette homogénéité par l'autorisation d'immeubles 2x plus haut que la plupart de ceux qui existent. On affirme vouloir valoriser les entrées de ville, mais on autorise là encore des constructions qui n'ont rien à voir avec la typologie du quartier, il y a un grand risque de détruire cette harmonie.
R ou R+C












R+1 ou R+1+C












R+2 ou R+2+C











R+3 ou R+3+C












R+4 à R+8
Immeuble disproportionné.
En "coupant" à R+5, cela donne la hauteur qu'on autorise sur cette rue.
Simulation avec hauteur autorisée.
Typologie de l'avenue avec quelques hauteurs.
Bâtiment ne s'intégrant pas par son esthétique et par son gabarit. Pourtant sa hauteur reste convenable (un étage de plus que son environnement.
Nombre d'étages des bâtiments situés sur l'axe Avenue du Maréchal Maunoury / place de la République / rue d'Angleterre et rue Trouessard.
Sur l'avenue du Maréchal Maunoury, on observe essentiellement des bâtiments de type R+C et R+1+C. On compte 5 bâtiments de type R+2+C (dont 3 modernes qui ne sont pas intégrés), et aucun de type R+3+C ou R+4+C.

Autour de la Place de la République, rue d'Angleterre et rue Trouessard on compte essentiellement des bâtiments de type R+1 et une dizaine de bâtiments de type R+2+C. Seulement 3 bâtiments sont de type R+3 (immeuble de la NR, ministère de la justice, immeuble attenant à la bibliothèque de l'Abbé Grégoire.

Sur l'ensemble, seuls 3 immeubles ont une hauteur supérieure à celles indiquées ci-avant. Ils restent l'exception et ne s'intègrent pas du tout au quartier, un Place Guerry, et deux autres non loin du haras. Pourtant, le PLU autorise la généralisation de ces "exceptions".
Ces deux exemples ont pour but de montrer, l'ignominie des hauteurs autorisées, mais on pourrait citer d'autres quartiers comme :
- le bas de l'Avenue de Verdun ou l'Avenue du président Wilson, qui ont ces mêmes caractéristiques, bien que les façades souvent noircies et le fait que ces avenues ne soit pas valorisée ne permet pas de se rendre compte de ces atouts.
- le quartier de la Gare et Gambetta qui comporte une typologie d'un quartier industriel de la fin XIXe - début XXème siècle, avec de nombreux bâtiments, de typologie R+1+C, avec une grande présence de brique.
Concernant l''Avenue de Vendôme, elle comporte un ensemble de bâtiments très hétérogène, alors pourquoi pas, en effet, monter à cette hauteur.
Simulation d'un bâtiment construit avec la hauteur autorisée, sur le quai Amédée Contant.
Le faubourg de Vienne, un paysage de très grande qualité apprécié par les Blésois et les touristes.
Voici ce qui est écrit dans le préambule de la zone UC (zone urbaine centrale) :

"La zone UC correspond au centre-ville élargi de Blois (...). La zone UC entoure le centre-ville historique de Blois et se déploie entre la Loire et la voie ferrée, jusqu'au pont François Mitterand, englobant les secteurs de l'Avenue de Verdun des Cités-Unies, du centre administratif et des lycées, des abords de la gare et du quai du Foix."
"L'objectif de la zone UC est de
poursuivre la mutation déjà initiée en permettant une densification modérée (sic !) afin d'assurer une transition entre le centre-ville historique très constitué et des secteurs plus aérés." (p26)

Voici ce qui est écrit dans le préambule de la zone UO (zone urbaine d'optimisation) :

"La zone UO correspond au tissu urbain situé aux abords des grands axes structurants de la commune. Ces espaces présentent un caractère stratégique sur le plan du paysage urbain du fait de l'
effet vitrine qu'ils présentent (...)."
"L'objectif de la zone UO est de permettre une optimisation du tissu existant afin de
le faire évoluer vers une morphologie plus urbaine et plus structurante, en cohérence avec la fonction d'axes d'entrées de coeur d'agglomération de ces avenues." (p96)

Ayant eu un certain nombre de cours d'urbanisme lorsque j'étais à l'école d'architecture, une théorie consiste à monter les hauteurs des immeubles le long des axes principaux afin de renforcer la perspective de cet axe, mais, c'est une lubie d'urbaniste (souvent parisien)(haussmann !), comme une des lubies des années 1960-1970 était de construire des îlots éclatés (exemple des cités), principe qui a été remis en cause depuis quelques dizaines d'années.
Ce principe obéit à une réflexion élaborée par avance sur un même principe, qu'on applique ensuite (en adaptant un peu, certes) à chaque ville.
Ce principe
ne prend pas du tout compte de la typologie et de l'identité de l'existant. Lorsqu'on entre à Blois, on entre dans une cité du Val de Loire, donc avec un bâti bas, on n'entre pas dans une métropole comme Paris ou dans un village auvergnat ou provençal, où le bâti est haut.

Ces secteurs
sont essentiellement composés de maisons de bourgs, formées d'un rez-de-chaussée, d'un rez-de-chaussée et d'un étage, voire de deux pour les plus récentes, qui n'ont pas, certes, pour la plupart, de grandes qualités architecturales spécifiques, lorsqu'on les prend individuellement, mais l'ensemble forme un tout homogène et cohérent.

De plus, elles font partie de l'identité de Blois, Blois, dont on vante sa qualité, qui est une Ville d'Art et d'Histoire et qui fait partie du périmètre du Val de Loire inscrite au
Patrimoine Mondial de l'humanité par l'UNESCO, ce qui est loin d’être anecdotique.
Par ailleurs, cela permettrait de conserver l'existant (on peut facilement construite un étage sur un bâti existant en pierre). Du bois peut aussi être utilisé, car la structure d'un bâtiment réalisé avec celui-ci est plus légère (3x plus légère environ), ce qui évite de mettre l'existant à rude épreuve (cela se fait même sur des pavillons). Pour information, le matériau peut soit être assumé et visible, soit enduit, pour se fondre avec le reste du bâti.

Cela ne peut être qu'un plus pour le patrimoine existant, pour le respect des quartiers, mais aussi pour l'écologie, puisque une démolition-reconstruction a un coût économique et écologique.

Pour information, autrefois, même si la notion de "patrimoine" n'existait pas, on détruisait rarement pour reconstruire, mais on surélevait, modifiait les façades, pour des questions de coût et de travail à fournir notamment. Aujourd'hui, pour cause de facilité dues aux moyens mécaniques dont on dispose, on détruit puis reconstruit bien plus qu'on surélève.

Même s'ils ne sont pas forcément visible du premier abord, il existe de nombreux bâtiments de ce type à Blois. Certains ont même conservé leur corniche initiale.
Autorisé par le PLU.
Proposition
Façade Place Saint-Louis
Surélévation d'une ancienne gare de tramway (maison de la jeunesse et des sports du Loir-et-Cher), avenue de Vendôme.
Surélévation avec retrait d'un immeuble rue Porte-Chartraine / rue du Bourneuf.
Même le bâtiment d'entrée de la Fondation du Doute, qui était autrefois l'ancien couvent des Minimes a été surélevé !
Surélévation contemporaine dans le centre-ville de Périgueux.
Surélévation d'un ancien bâtiment industriel à Genève.
Surélévation minimaliste en bois.
Il aurait été utile de réaliser un travail d'identification des bâtiments pouvant être surélevés et d'engager un travail avec ces propriétaires afin de les inciter à surélever le bâti.
Certes, le travail est plus chirurgical, mais il est gage de qualité et de l'enjeu qu'on porte à cette problématique.

D'ailleurs, certaines municipalités l'ont bien compris, comme celle de Genève en Suisse, qui a réalisé une charte ainsi que des plans de quartiers afin d'encourager les surélévations.
Le hameau de Villejoint sur le PLU. Les zones dédiés à l'habitat (UH et UP) en bleu et les zones économiques (UE, UEa et UEb) en rouge-orangé. Les zones 1AUm et 1AUp sont des zones à urbaniser (habitat).
En vert, les espaces verts existant ou à prévoir. A noter que les zones économiques s'étendent sur d'actuelles terres agricoles, qui forment un tampon avec la zone industrielle (au Sud), ou qui permettent de ne pas enfermer Villejoint à 360° par cette zone économique (au Nord).
La zone à urbaniser au Nord-Ouest, en lanière est particulièrement inquiétante. Elle longe tout le bâti ancien, et forme un espace entre ce bâti et les espaces verts prévus.
Le stationnement vélo

A noter également que le PLU, qualifié d'éco-PLU par la municipalité, impose la construction d'un emplacement pour vélo, seulement pour les opérations dont la surface d'habitation est
supérieure à 750m² (article 12 de chaque zone, relative au stationnement).

Le but serait de ne pas créer de surcoût afin de ne pas freiner les promoteurs. L'excuse des élus est que les gens peuvent garer leur vélo sur la place de parking qui leur est alloué (sauf que les dimensions ne le permettent pas, à moins de na pas avoir de voiture, ou d'acheter / louer une 2nde place pour garer son/ses vélos). Par ailleurs, si on contraint de construire tant de place pour tant de logement, rien n'oblige le promoteur à louer la place avec le logement, surtout dans les quartiers proches du centre-ville ou la demande de stationnement est forte. Or, un étudiant non motorisé va-t-il devoir louer une place de parking voiture pour y stationner... un vélo ?

Si on veut favoriser les circulations douces, et surtout celles à vélo, il faut que les habitants aient un endroit pour le ranger.
De plus, les opérations de plus de 750m² ne concernent pas la majorité des opérations immobilières sur Blois.

En outre, cette disposition du PLU va à l'
encontre de la règlementation de la construction qui impose un local à vélo dans les opérations de 2 logements et plus, comportant un parking privé pour les voitures (or le PLU impose un stationnement véhicule, sauf si impossibilité technique) !

"Art. R.111-14-4 du code de la construction et de l'habitation, créé par décret n° 2011-873 du 25 juillet 2011 :
Lorsque les bâtiments neufs à usage principal d'habitation groupant au moins deux logements comprennent un parc de stationnement d'accès réservé aux seuls occupants de l'immeuble, ces bâtiments doivent être équipés d'au moins un espace réservé au stationnement sécurisé des vélos (...). Cet espace réservé comporte un système de fermeture sécurisée et des dispositifs fixes permettant de stabiliser et d'attacher les vélos par le cadre ou au moins une roue. Il présente une capacité de stationnement en adéquation avec le nombre, le type ou la surface de logements précisée par arrêté du ministre chargé du logement".
L'arrêté du 20 février 2012 (article 3) précise que la surface de ce local sera calculée en comptant 0,75m² par logement pour les T2 et 1,5m² pour les autres cas, avec un minimum de 3m.

Cela a également été écrit dans l'enquête publique du PLU, puis évoqué lors d'un conseil municipal par un conseiller municipal de la majorité mais n'a pas été pris en compte.